C'est un sondage qui surprend : selon une enquête menée en Iran, une majorité d'Iraniens auraient une image positive de Benjamin Netanyahou. Un résultat aussi inattendu que révélateur — à lire, toutefois, avec les précautions d'usage.
Que dit le sondage ?
Réalisée par la fondation GAMAAN (Group for Analyzing and Measuring Attitudes in Iran) auprès de 31 450 Iraniens âgés de 15 ans et plus, du 20 au 27 juin 2026, l'enquête révèle que :
- 51 % ont une opinion positive de Benjamin Netanyahou, contre 38 % d'opinions négatives ;
- Donald Trump recueille 44 % d'avis favorables (autant que d'avis défavorables) ;
- concernant les frappes israélo-américaines contre l'Iran, 40 % y voient une « intervention humanitaire », tandis que 42 % les jugent comme une agression militaire.
Comment interpréter ces chiffres ?
Ces résultats doivent être lus avec prudence. Sonder l'opinion en Iran est extrêmement délicat : GAMAAN, fondation indépendante enregistrée aux Pays-Bas, procède par sondages en ligne — une méthode qui peut sur-représenter certaines catégories (urbaines, connectées, critiques du régime). Ces chiffres ne sont donc pas une photographie parfaite de toute la société iranienne.
Surtout, beaucoup d'analystes y voient moins une adhésion à Netanyahou lui-même qu'un profond rejet du régime des mollahs. Pour une partie des Iraniens, l'hostilité envers leurs propres dirigeants se traduit par une forme de sympathie envers ceux que ce régime désigne comme ses ennemis.
Un signal qui en dit long
Au-delà des chiffres, ce sondage illustre le fossé qui sépare le peuple iranien de ses gouvernants. Il rappelle une distinction essentielle : un régime n'est pas un peuple. Et il nourrit, chez beaucoup, l'espoir d'un avenir plus apaisé entre les nations de la région.
Source : sondage GAMAAN, juin 2026 (31 450 répondants). Résultats à interpréter avec les réserves méthodologiques propres aux enquêtes menées sur l'Iran.
