Coup de théâtre en Israël. Pendant des semaines, tous les sondages donnaient Gadi Eisenkot et le bloc d'opposition en tête. Et les premiers sondages sortie des urnes, mardi soir, confirmaient cette avance. Puis le dépouillement réel a tout changé : au fil du comptage, le camp de Benjamin Netanyahou est repassé devant. Attention toutefois — et c'est capital : personne n'a encore la majorité, et les résultats définitifs sont attendus jeudi. On fait le point, à froid.
Ce que disaient les sondages
Rappel du scénario d'avant-vote : le parti Yashar de Gadi Eisenkot (ex-chef d'état-major) était donné devant le Likoud, et le bloc anti-Netanyahou légèrement en tête. Mardi soir, les premiers sondages sortie des urnes (chaînes 11, 12, 13) allaient dans le même sens : opposition ~52-53 sièges, camp Netanyahou ~50. Bref, un vent de changement semblait souffler.
Ce que les urnes ont réellement donné
Mais le comptage des vrais bulletins a inversé la tendance. Au fil de la nuit :
- Les chaînes 11 et 13 ont d'abord revu leurs estimations à égalité (51-51).
- Puis, au dépouillement, le camp Netanyahou est passé en tête : autour de 54-55 sièges contre ~49 pour le bloc Eisenkot (à plus de la moitié des bulletins comptés).
- Le Likoud confirme sa place de premier parti, avec de l'ordre de 27 sièges, devant le Yashar d'Eisenkot (~21-23).
| Sondages / 1ers exit polls | Au dépouillement | |
|---|---|---|
| Bloc Netanyahou | ~50 | ~54-55 (en tête) |
| Bloc Eisenkot | ~52-53 (en tête) | ~49 |
| 1er parti | serré | Likoud (~27) |
C'est donc un vrai retournement par rapport aux sondages — un phénomène déjà observé en Israël, où le vote de la droite et des partis religieux est régulièrement sous-estimé par les instituts.
Mais toujours pas de majorité
Attention à ne pas aller trop vite : aucun des deux camps n'atteint les 61 sièges nécessaires pour gouverner. Et surprise du scrutin : les partis arabes réalisent une forte poussée (17-18 sièges) et s'imposent comme de possibles « faiseurs de rois ». Autrement dit, être « en tête » ne suffit pas : encore faut-il réunir une coalition de 61 députés.
Et maintenant ?
Place aux tractations. Netanyahou a appelé à former un gouvernement de droite, tandis qu'Eisenkot s'est dit, lui aussi, prêt à former un gouvernement. Les résultats définitifs sont attendus jeudi, et c'est seulement ensuite que le président d'Israël chargera le dirigeant le plus à même de rassembler une majorité. Les négociations de coalition qui s'ouvrent peuvent durer des semaines — et tout peut encore bouger selon les derniers sièges et le franchissement des seuils.
Pourquoi c'est déjà une surprise
Quoi qu'il arrive ensuite, la leçon de la nuit est claire : les sondages se sont trompés. Donné battu ou au mieux à égalité, Benjamin Netanyahou a déjoué les pronostics et garde la main. Reste à savoir s'il transformera cette avance en gouvernement — ou si le blocage l'emportera, comme Israël en a déjà connu.
Chiffres provisoires au 28 octobre 2026 (dépouillement en cours). Les résultats définitifs sont attendus jeudi ; ils peuvent modifier la répartition des sièges et, surtout, les scénarios de coalition. Nous ferons le point une fois les résultats certifiés.
Pour tout le feuilleton, (re)lisez notre analyse du vote arabe, notre point de la veille du vote et notre guide des élections en Israël. Toute l'actualité sur JewEvents.
Sources : France 24, franceinfo, RTBF, Le Devoir, Haaretz, Ynet, Jerusalem Post (dépouillement du 27-28 octobre 2026).
